Le bouddhisme tibétain

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Le bouddhisme tibétain est la forme de bouddhisme qui s’est développée à partir du VIIe siècle au Tibet. Il marqua d’une manière extrêmement profonde la civilisation tibétaine, en définitive toute expression artistique finit par se confondre avec l’art bouddhique lui-même. 

 

Bouddhisme tibétain Tibet Histoire Religion Mes Indes Galantes

 

L’histoire du Tibet qui est liée au bouddhisme se sépare généralement en trois grandes périodes. Le Tibet, aujourd’hui considéré comme la « Région autonome du Tibet », est constitué de plusieurs plateaux et vallées coincés entre des montagnes. Les populations se sont depuis longtemps installées au sein des vallées où s’écoulent de nombreuses rivières. La vallée la plus grande et la plus peuplée est la vallée du Yarlung.

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L’époque monarchique et la première diffusion du bouddhisme

C’est au 7ème siècle que des monarques de la vallée du Yarlung, dans l’ancien royaume du Tibet Central, réalisent l’unité du Tibet. Le Tibet construit un véritable empire qui s’étend jusqu’au bassin du Tarim et d’autres territoires chinois. Une princesse chinoise est promise en mariage au roi tibétain Songtsen Gampo et arrive à Lhassa (la tradition attribue à ce roi une autre épouse, d’origine népalaise). Les deux, ferventes bouddhistes, auraient converti le roi au bouddhisme et auraient apporté plusieurs textes et statues dont la statue la plus vénérée du Tibet : la statue du Jowo dans le palais du Jokhang, qui aurait été édifié exprès pour l’accueillir.

 

Une triade représentant Songtsen Gampo et ses deux femmes (Wencheng et Brikuti) / La statue de Jowo Rinpoche.

 

Le règne de Trisong Detsen marque l’apogée de l’empire tibétain.

 

Trisong Detsen et l’empire qu’il parvient à construire

 

L’armée tibétaine parvient à rentrer dans la capitale chinoise de l’époque sous son règne. C’est en 791 que le bouddhisme est déclaré religion d’Etat et qu’une répression se fait jour envers les tenants du bön-po (le Bön-po était la religion qui régnait au Tibet avant le bouddhisme et réunissait des considérations chamaniques). La noblesse tibétaine étant partisane du bön, des oppositions naissent alors entre les partisans du bouddhisme, dont la royauté fait partie, et les défenseurs du bön. Ces oppositions aboutissent au IXème à l’assassinat de l’empereur Ralpacen, défenseur du bouddhisme tibétain. Son frère, héritier du trône, est au contraire un défenseur du bön et entame une très sanglante répression envers les moines qui conduit à son assassinat quelques temps après, selon la légende un moine est le meurtrier.

Après cet assassinat l’empire tibétain s’écroule en quelques décennies. La royauté tibétaine s’enfuit à l’ouest et s’établit au royaume du Guge (non loin de la frontière indienne) où elle continue de pratiquer le bouddhisme. Celui-ci au sein du Tibet Central s’isole, des moines se cachent dans les montagnes car le bön-po reprend de l’importance. Le bouddhisme à cause de son isolement finit par se mêler à des considérations chamaniques.

 

Entre la fin du IXème siècle et la deuxième moitié du Xème siècle s’étend une période appelée « âges obscurs » sur laquelle très peu d’informations nous sont parvenues.

 

La seconde diffusion du bouddhisme au Tibet Central (Xème siècle-XIIIème siècle) :

La royauté tibétaine exilée reconquiert des territoires au sein du Tibet Central et réinstalle le bouddhisme en tant que religion dominante. Le roi Yeshe Ö décide de rendre au bouddhisme sa « pureté doctrinale » et envoie un maître bouddhiste, Rinchen Zangpo, au Cachemire afin de ramener des textes, des traductions et d’inviter des maîtres indiens à venir enseigner le bouddhisme afin de lui enlever les influences chamaniques. Atisa, moine indien, est invité au Tibet afin de venir enseigner et c’est lui qui, en particulier, parvient à rétablir la doctrine d’origine.

 

Rinchen Zangpo / Atisa

 

A cette époque, les Pala-Sena règnent dans le nord-est de l’Inde et mettent en place un réseau de monastères/universités dans lesquelles des moines enseignent à des disciples de nombreuses matières. Ces dynasties et ces universités sont le siège d’un art bouddhique qui va beaucoup voyager et qui va connaître des adaptations dans une grande partie de l’Asie, dont le Tibet.

Au XIIIème siècle, les Mongoles conquirent des territoires afin de former un immense empire. Le fils de Gengis Khan organisa plusieurs raids au Tibet Central. Il rencontra Sakya Pandita, moine, et établit avec lui une relation de maître à disciple/mécène et le nomme même vice-roi du Tibet. Cette relation continue sous Kubilai Khan qui nomme le neveu de Sakya Pandita à la fois maître religieux et vice-roi du Tibet, il devient alors le premier à cumuler les pouvoirs religieux et exécutif au Tibet. Kubilai Khan fonde la dynastie Yuan en Chine et règne depuis ce pays sur un très grand empire.

 

L’empereur Kubilaï Khan et son empire.

 

Cette relation entre les Mongols et les Sakyapa se maintient jusqu’au XIVème, puis les Phamodrupa s’emparent du pouvoir, les relations entre les Chinois et les Tibétains sont alors coupées. Il faut attendre le XVème siècle pour qu’un moine fonde l’école Gelugpa, qui prend le pouvoir et finit par rétablir des relations solides avec les Mongols. Un roi mongol, Altan Khan, donne au troisième abbé de cette école le titre mongol de Dalaï-Lama au XVIème siècle. Désormais l’abbé est choisi selon un principe de réincarnation et non plus selon un principe dynastique, c’est encore le cas aujourd’hui.

S’ouvre alors la période des Dalaï-Lama entre le XVIème et 1950, date à laquelle la Chine s’empare de territoires au Tibet.

 

Les influences artistiques du bouddhisme tibétain

De nombreuses influences artistiques voyagent par le biais des moines, des professeurs et des élèves qui se rendent au Tibet, par le biais des commandes que les monastères et les rois passent auprès d’artistes indiens, cachemiris et newar (habitants de la vallée de Katmandu). L’invasion musulmane au XIIème siècle forcent de nombreux moines à s’exiler dans les domaines himalayens et ils emmènent avec eux de nombreuses statues et manuscrits qui vont servir de modèle aux artistes tibétains.

Les Pala-Sena sont extrêmement connus pour leur art statuaire et pour leur peinture sur manuscrits. Ces derniers sont constitués de feuilles de palmier séchées sur lesquelles le peintre appose en général de la gouache. Ensuite ces feuillets sont percés d’un trou, un cordon est passé dans ce trou afin de les relier ensemble. Deux couvertures de bois recouvrent ensuite ces feuillets et les protègent des intempéries, elles peuvent aussi être recouvertes de peinture.

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La statuaire s’inspire formellement des Gupta (IVème-VIème siècle). Les Pala sont particulièrement connus pour avoir développé un art de la stèle, sur lesquelles ils représentent le Bouddha ou des Bodhisattva.

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Le Bodhisattva Avalokitesvara

 

Les Tibétains ont également connu les influences des newar, une population de la vallée de Katmandu au Népal. Ces newar sont considérés comme de grands artistes à l’époque et de nombreuses commandes sont passées par les monastères tibétains auprès de ces artistes. L’un d’eux, du nom d’Aniko, est invité au Tibet par Atisa pour décorer des monastères.

Enfin, les échanges entre les Mongols et les Tibétains se ressentent également dans l’art et il n’est pas rare de croiser sur des peintures, ou dans des sculptures, des visages ou des motifs chinois ou centre-asiatique, comme des nuages ou des nuées par exemple.

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Ces influences vont finir par être adaptées et synthétisées pour donner naissance à un art proprement tibétain qui trouve son apogée dans le Kumbum de Gyantse au XVème siècle.

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La religion et ses spécificités :

La tradition veut que le Tibet soit la terre d’Avalokiteshvara, le « Bodhisattva de la compassion » et que les tibétains soient ses descendants. La légende dit qu’en 127 avant Jésus-Christ, le Tibet serait resté sans souverain, quand un roi indien survola l’Himalaya et arriva dans la vallée de Yarlung, lieu de naissance légendaire du peuple tibétain. Considéré comme d’essence magique, il fut proclamé roi. Avant l’arrivée du boudhisme, la religion indigène et la culture du Tibet était le Bön. Aujourd’hui le Bön n’a pas totalement disparu. Il a été petit à petit assimilé au bouddhisme. Aujourd’hui le bouddhisme pratiqué au Tibet est de nature tantrique et plusieurs écoles existent, qui chacune se fondent sur un groupe de textes particulier ou possède une divinité d’élection particulière.

Trois grandes écoles se distinguent dans le bouddhisme tibétain :

L’école des Gelugpa, ou école des Vertueux, fondée par Tsongkhapa au XVème siècle et appelée par les chinois « école des bonnets jaunes » du fait de la couleur jaune des coiffes de ses membres. C’est l’école à laquelle appartient le Dalaï-Lama, école qui suit avec rigueur les règles monastiques.

 

Tsongkhapa

 

L’école des Sakyapa est appelée par les chinois l’« école des bonnets rouges », également en raison de la couleur des coiffes de ses adeptes. Cette école fut créée vers le début du XIème siècle, avec la venue au Tibet d’adeptes du tantrisme indien qui s’installèrent dans un grand nombre de monastères tibétains.

 

Sakya Pandita.

 

La troisième grande école est celle des Kagyu, « l’école de la transmission orale ». Le premier maître de cette école, Marpa, n’en fut pas le fondateur, celui-ci fut un disciple du nom de Jigten Sumgon.

 

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Jigten Sumgon fondateur de la lignée Kagyu

 

Au fur et à mesure de la propagation du bouddhisme au Tibet, de nombreux monastères furent construits, véritables centres à la fois religieux et administratifs. Au sein de ces « Universités de la foi » régne une stricte hiérarchie. Les novices représentent le grade inférieur, suivis par les maîtres de la foi (Lamas), les réincarnations importantes (Tulkous) et enfin les Rimpoche (littéralement les « Précieux »).

Une autre particularité du bouddhisme tibétain est le développement extrêmement important des principes de récitation de mantra, de visualisation de divinités et l’existence d’un panthéon de divinités courroucées extrêmement profus.

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Cet état des choses a des liens avec la nature du bouddhisme qui règne dans ce pays. En effet, c’est sous sa nature tantrique que le bouddhisme se développe au Tibet. L’idée est qu’il est possible d’atteindre l’Eveil en une seule vie à condition d’avoir un bon maître tantrique. Ainsi la relation de maître à disciple est primordiale dans ce bouddhisme tibétain, c’est la condition nécessaire pour emprunter la voie qui mènera un jour à l’Eveil. 

 

Le Dalaï-Lama et le Panchen Lama

 

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Du bouddhisme tibétain, beaucoup de gens connaissent le 14ème Dalaï-Lama suite aux événements politiques qui sont arrivés dans les années 1950. Néanmoins beaucoup de gens ont tort de penser qu’il est une sorte de président du Tibet. Le Dalaï-Lama est et reste avant tout le chef d’une des écoles spirituelles tibétaines, il n’est certainement pas le chef de tous les Tibétains. Au XVIème Altan Khan conféra au 3ème abbé du monastère de Drepung le titre mongol de Dalaï-Lama (dalaï signifie océan en mongol). Ce Dalaï-Lama fut reconnu comme le troisième car ce titre fut attribué à ses deux prédécesseurs qui se trouvaient être des incarnations précédentes. On recherche donc le successeur, qui est considéré comme une réincarnation du défunt, et on lui fait passer une série de test pour savoir s’il est véritablement la réincarnation du précédent.

Un autre personnage important de la hiérarchie bouddhiste au Tibet est le Panchen Lama. A la différence du Dalaï Lama, il ne possède aucun pouvoir temporel, mais sa stature spirituelle est très importante au Tibet. Les rapports entre les deux, du fait de leur importance respective, furent souvent conflictuels, et ce surtout depuis le XIXème siècle, lorsque les empereurs chinois jouèrent de ces rivalités pour créer des dissensions entre les deux autorités tibétaines et se faire un allié du Panchen Lama. Cela montre les liens très forts entre politique et religion au Tibet.

 

Nous espérons que ce tour d’horizon du bouddhisme tibétain vous aura plus et vous aura donné envie d’en apprendre plus sur cette culture et cette religion !

 

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