Le bouddhisme en Thaïlande et au Laos

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L’art de la Thaïlande, dominé par le bouddhisme, est un art essentiellement composite. Des écoles régionales, aux multiples modulations et qui empruntent les unes aux autres, se font jour au fur et à mesure du temps. La région d’Angkor a constitué une source d’inspiration importante pour l’art thaïlandais. Les styles les plus connus sont ceux de Dvaravati (VI-XIème siècle) et de Sukhothaï (XIVème). 

L’introduction du bouddhisme Theravāda en Thaïlande commence aux Ve siècle et VIè siècle, à travers l’influence birmane. La tradition des Anciens se pérennise autour du XIVe siècle lorsque le jeune royaume d’Ayutthaya, plus connu sous le nom de Siam, décide d’unifier son territoire en déclarant le bouddhisme Theravāda, religion officielle. La législation, bien qu’inspirée des principes hindouistes, est rédigée en langue pāli, langue parlée par le Bouddha Śākyamūni; elle est restée en vigueur jusqu’au XIXe siècle. Aujourd’hui, près de 95% de la population thaïlandaise pratique le bouddhisme Theravāda, soit environ 63 millions de personnes.

 

 

Les représentations de Bouddhas en Thaïlande :

Du 6e s. avant J.C. jusqu’au début de notre ère, il n’y eu pas de représentations humaines du Bouddha. La présence du maître dans l’iconographie archaïque était indiquée par des symboles : une roue de la loi (Dharmachakra), une empreinte de pied (Phutthabat), un pilier, un siège vide à la base de l’arbre de la Bodhi, une ombrelle, un lotus ou un stupa.

 

A la fin du 1er siècle après J.C., les premières représentations anthropomorphes du Bouddha apparurent au Gandhara (Afghanistan) et à Mathura (Inde du Nord).

 

Au cours des siècles suivants, se développe le style Gupta, véritable âge d’or de la statuaire bouddhiste indienne qui allait se répandre rapidement au Sri Lanka et dans toute l’Asie du Sud-Est. Différentes écoles et courants artistiques produisent, au cours des siècles suivants, en fonction des lieux et des cultures, des représentations du Bouddha aussi nombreuses que variées.

 

 

En Thaïlande, plusieurs styles artistiques se sont développés à partir du 5e siècle après J.C., chacun produisant des représentations du Bouddha particulièrement caractéristiques.

Huit courants artistiques principaux peuvent être distingués en fonction de leur époque et de leur localisation:

– Le style Dvaravati (VIème – XIème siècle)
– Le style Srivijaya (VIIIème – XIIIème siècle)
– Le style Lop Buri (VIIème – XIIIème siècle)
– Le style Sukhothai (XIIIème – XVème siècle)
– Le style Lan Na Chiang Saen (XIIIème _ XVIIIème siècle)
– Le style U-Thong (XIIème – XVème siècle)
– Le style Ayuthaya (XVème – XVIIIème siecle)
– Le style Ratanakosin – Bangkok (de 1782 à nos jours)

 

Le style de Dvaravati :

A la fin du VIème siècle émerge le royaume de Dvaravati, domaine du peuple mon. Ce royaume s’étend sur une très grande partie de l’actuelle Thaïlande. On ignore quelle était son organisation politique : sans doute des confédérations de cités marchandes. Cette culture couvre une longue période qui s’arrête au XI ou XIIème siècle lorsque les armées khmères envahissent une partie du territoire. Le bouddhisme theravada domine la vie religieuse. Le Mahayana est secondaire et l’hindouisme est peu répandu, les deux n’exercent pas beaucoup d’influence sur l’art.

Dans cet art, les bâtiments sont construits en latérite et en brique, des peintures narratives recouvrant bien souvent les murs des monuments. Les stupa, monuments reliquaires, sont souvent de plan carré avec des saillies sur leurs côtés, et abritent de nombreuses niches dans lesquelles on trouve des images de Bouddha.

 

 

Comme dans de nombreux pays d’Asie du sud-est, des statues retrouvées témoignent des liens entre l’Inde et Ceylan. D’autres adoptent des schémas étrangers car sans doute exécutées localement. Certaines statues montrent des influences gupta, pala et de Malaisie, donnant alors naissance à un art véritablement national. Les artistes de Dvaravati ont atteint un certain degré de raffinement. L’art est assez touffu mais lisible, il est en grande partie inspiré de l’art Gupta mais réinterprété par les artistes locaux. Des grandes roues de pierre, allusion à la mise en route de la Roue de la Loi par le Bouddha, constituent l’une des grandes originalités de Dvaravati.

 

 

La figure du Bouddha possède une certaine lourdeur dans le visage et une bouche charnue. Parfois aussi le Buddha esquisse des deux mains le geste de l’argumentation, ce qui est introuvable en Inde mais qui est assez courant dans les pays d’Asie du sud-est ou d’Extrême-Orient.

 

 

Au XIème siècle, l’influence khmère devient perceptible. Les influences de Dvaravati restent mais se mêlent à des caractéristiques khmères pour donner naissance à de nouvelles représentations.

 

 

Le peuple thaï s’installe au XIIIème siècle au nord de la Thaïlande suite à l’invasion de la Chine par les Mongols et en un siècle ce pouvoir devient prépondérant. Convertis progressivement au bouddhisme par les populations mônes locales, les Thaï développent alors un art centré sur la personne du Bouddha. Ses représentations privilégient quatre thèmes hérités de l’art pala : le miracle de Sravasti, la descente du ciel des 33 dieux, la soumission de l’éléphant furieux et le Parinirvana. De nombreux emprunts aux pays étrangers et à des écoles plus anciennes se font.

 

La ville de Sukhothai :

 

 

Sukhothaï (ou Sukothaï) est la première capitale du Siam (Thaïlande) fondée au XIIIème, mettant ainsi fin à la domination khmère d’Angkor Wat. Sukhothaï a été inscrite en 1991 au patrimoine mondial de l’humanité. Elle est plus célèbre pour ses oeuvres d’art que pour ses réalisations politiques.

Capitale du premier royaume du Siam aux XIIIe et XIVe siècles, Sukhothaï conserve beaucoup de monuments illustrant les débuts de l’architecture thaïe qui sont aujourd’hui en bon état de conservation. La grande civilisation qui se développa dans le royaume est tributaire de nombreuses influences et d’anciennes traditions locales, mais l’assimilation et la réinterprétation rapides de tous ces éléments forgea ce que l’on appelle le « style Sukhothaï ».

 

Situées dans la région basse-nord de la Thaïlande actuelle, Sukhothaï et les villes historiques associées (du nom de Si Satchanalai et Kamphaeng Phet) constituent une série composée de trois villes anciennes étroitement liées matériellement.

 

 

Sukhothai fut la capitale politique et administrative du premier royaume du Siam. Si Satchanalai était quant à elle le centre spirituel du royaume, le site de nombreux temples et monastères bouddhistes et aussi le centre d’une très importante industrie d’exportation de céramique. La troisième ville, Kamphaeng Phet, a été établie à la frontière sud du royaume et avait des fonctions militaires importantes pour la protection de celui-ci contre les invasions étrangères ainsi d’assurer la sécurité de leur vaste réseau commercial. Les trois villes partageaient une infrastructure commune pour contrôler les ressources en eau, et étaient liées par une route principale.

Elles partageaient toutes une langue et un alphabet, un système administratif et juridique commun, et d’autres éléments qui ne laissent aucun doute quant à leur unité comme une seule entité politique. Elles sont également riches de beaux monuments et de sculptures monumentales, en latérite et en brique, qui illustrent le début de l’architecture et de l’art thaï connu sous le nom du « style Sukhothai. ».

 

L’art et l’architecture de Sukhothai et de ses voisines, alors sous patronage royal, ont été largement étudiés par les historiens de l’art qui ont identifié et décrit son style unique, distinct du style khmer et d’autres styles régionaux antérieurs. Les inscriptions de pierre trouvées fournissent des comptes rendus détaillés de l’économie, de la religion, de l’organisation sociale et de la gouvernance du royaume de Sukhothai.

On attribue à ce royaume l’invention et le développement de la plupart des caractéristiques uniques de la culture siamoise (thaï), beaucoup d’entre elles étant directement attribuées au roi le plus célèbre et le plus aimé, Ramkhamhaeng , qui est considéré comme le père fondateur de la nation thaïlandaise.

 

C’est lui qui à la fin du XIIIe siècle, après que les Mongols aient attaqué le Viêt Nam et l’Empire Khmer et saccagé la magnifique cité birmane de Pagan, déclare le royaume de Sukhothaï comme leur vassal et profite de la situation. Ramkhamhaeng, dit « Rama le Fort », monarque respecté pour son équité et sa sagesse, la porte alors à son apogée entre la fin du XIIIème et le début du XIVème siècle.

 

L’Etat de Sukhothai était unique en termes de système politique et administratif, remarquablement égalitaires pour l’époque, basés sur les relations patron-client, des institutions sociales et religieuses puissantes, et des lois codifiées. Le système économique diversifié du royaume reposait sur la production agricole, mais était aussi fortement tributaire des exportations de produits industriels, en particulier la céramique de haute qualité. Ces caractéristiques ont ensemble fait de Sukhothai une époque et un lieu prospère, connu dans l’histoire thaïlandaise comme un âge d’or et «le bonheur thaïlandais » ou « l’aube du bonheur ».

 

Bouddha, le style de Sukhothaï :

 

Les Bouddha du style de Sukhothaï sont sans nul doute les sculptures les plus originales de l’art thaï. On ne sait pas vraiment comment cet art particulier s’est formé, mais les influences de Ceylan (Sri-Lanka) sont sensibles. A l’époque le Sri-Lanka est considéré comme le conservatoire de la foi bouddhique la plus pure, le bouddhisme ayant été rayé de l’Inde par les conquêtes musulmanes, et est donc digne d’être copié. L’anatomie des Bouddha est très stylisée et traduit en réalité un corps qui n’est plus tout à fait humain mais bien spiritualisé.

 

 

Toutes les marques du Grand Homme, les laksana qui montrent qu’un être est prêt à atteindre la bouddhéité, sont présentes. Par exemple on retrouve l’usnisa, la protubérance crânienne, surmontée d’une flamme.

 

 

 

Cette flamme évoque le caractère lumineux et pur du Bouddha et est directement héritée des influences du Sri-Lanka.

 

Le visage est d’un ovale parfait, le nez est busqué en « bec de perroquet ».

 

 

 

Les bras ressemblent, comme l’indiquent les textes, à « une trompe d’éléphant » et sont très longs, ils atteignent les genoux.

 

 

 

Les doigts sont eux aussi très allongés et palmés. Les bouddha assis sont les plus nombreux. Il peut aussi être debout et effectuer le geste d’absence de crainte, la paume des mains tournées devant soi. Le fait qu’il soit en train de marcher est une originalité de l’art de Sukhothaï. Le corps est tout aussi idéalisé et évoque la jeunesse éternelle du Bouddha. 

 

 

 

 

 

Le Laos :

 

Le bouddhisme Laotien :

Le Bouddhisme Theravada laotien est de loin la religion la plus en vue dans le Laos, avec près de 5000 temples représentants les points d’ancrage de la pratique religieuse ainsi que le centre de la vie communautaire dans les zones rurales. Même si dans la plupart des villages des plaines, les traditions animistes demeurent fortes.

La plupart des hommes bouddhistes passent une partie de leur vie comme moines dans les temples, même si c’est seulement pour quelques jours. Il y a environ 22.000 moines dans le pays, près de 9.000 d’entre eux ont atteint le grade de « moine senior», titre indiquant les années d’études inculquées dans les temples.

 

 

En outre, il compte environ 450 religieuses qui sont généralement des femmes âgées et veuves, résidant dans des temples dans les quatre coins du pays.

 

Le pouvoir bouddhique est sous la direction d’un moine suprême, qui réside à Vientiane et supervise les activités du bureau central : le Ho Thammasapha.

 

L’importance des traditions dans le bouddhisme laotien :

 

Les Lao bouddhistes appartiennent à la tradition Theravada qui se base sur les premiers enseignements du Bouddha et qui a été préservée au Sri Lanka après que le Bouddhisme Mahayana ait vu le jour aux environs de notre ère. Cette tradition respecte les enseignements bouddhiques tels qu’ils ont été énoncés par le Bouddha Sakyamuni vers le Vème siècle avant notre ère. Dans cette voie, l’idéal à atteindre est le moine qui est capable de se détacher des choses qui le font souffrir et qui l’obligent à rester coincé dans le cycle des réincarnations : le samsara. Le but de tout bouddhiste est d’atteindre le Nirvana, tout comme l’a fait Bouddha, afin d’échapper définitivement à ce cycle. Pour cela, il faut savoir se détacher des émotions négatives, telle que la colère, mais aussi des choses matérielles ainsi que des êtres, d’où la difficulté pour beaucoup de suivre cette voie qui demande beaucoup d’efforts.

 

 

Site de Mes Indes Galantes

 

Le monument le plus sacré du bouddhisme au Laos est un stūpa : le That Luang où se déroulent en Novembre un festival et une foire d’ampleur nationale.

 

 

Pour les Lao, le Wat (temple monastère) est l’un des deux points centraux de la vie du village (l’autre étant l’école). C’est aussi un symbole de l’identité du village ainsi qu’un lieu de cérémonies et de festivals. Avant la création des écoles laïques, les garçons du village recevaient une éducation de la part des moines au Wat et presque tous les villages des plaines en ont un et certains en ont même deux. 

Un wat-type comprend les bâtiments suivants :

  • Chedi : reliquaire, habituellement conique ou en forme de cloche, contenant parfois des reliques de Bouddha ;
  • Bôt : la salle de prière la plus sacrée, également appelée « salle d’ordination » car c’est là que les nouveaux moines prononcent leurs vœux. En face de l’entrée se trouve une grande statue du Bouddha assis, sur un piédestal. Le bôt est entouré de huit pierres angulaires, les stèles Sima, souvent décorées d’une roue de la loi  et destinées à détourner les forces du mal. Une neuvième stèle Sima est enterrée sous le bôt.
  • Viharn : une salle de réunion et de prière.
  • Mondop : habituellement un bâtiment carré ouvert avec quatre voûtes et un toit pyramidal, utilisé pour loger les textes ou les objets religieux de culte.
  • Sala : un pavillon pour le repos et des activités diverses.
  • Haw trai : la bibliothèque.
  • Haw klawng : la tour du tambour.
  • Haw rakhang : la tour de la cloche.

De gauche à droite, Viharn, Chedi et Haw Trai.

 

Les moines vivaient à l’origine dans le viharn. Leurs habitations (y compris leurs cellules, les kutis) sont aujourd’hui séparées des bâtiments sacrés.

En fonction de la prospérité et de la contribution des villageois, la construction des bâtiments varie du bois simple et des structures en bambou, aux grandes briques ornées et aux édifices en béton décorés de peintures murales colorées et aux toits de tuiles de différentes formes. Ces tuiles et ces toitures sinueuses ont pour but de copier la courbe du naga, le serpent mythique qui, dans les croyances indiennes, est le gardien des richesses et des eaux souterraines.

 

Enfin les affaires financières du Wat sont gérées par un comité administratif composé d’hommes âgés et respectés. Les moines n’ayant pas le droit de posséder de richesses, ce sont les dévots laïcs qui fournissent aux temples de quoi vivre et continuer d’exister grâce à leur générosité.

 

 

En fournissant de l’argent à un temple et en faisant preuve de générosité, qui est une des notions principales du bouddhisme, les dévots accumulent des mérites qui vont leur permettre de renaître dans une meilleure vie. Et au bout d’un certain temps, après avoir fait preuve de beaucoup de qualités dans beaucoup de vies, il est possible de se réincarner en Bouddha et d’atteindre le Nirvana.

A l’exception de la mort, les cérémonies bouddhistes ne marquent généralement pas les événements dans un cycle de vie. Les obsèques peuvent être assez élaborées si la famille peut se le permettre, mais sont souvent assez simples en milieu rural. Le corps repose dans un cercueil à la maison pendant plusieurs jours, pendant que les moines prient, et un flot continu de visiteurs manifestent leur respect à la famille et partagent la nourriture et la boisson.

 

Après cette période, le corps est transporté dans le cercueil vers un lieu de crémation où il est brûlé en présence de moines et ses cendres sont ensuite enterrées dans un petit sanctuaire sur le sol du Wat. 

 

Le parc de Vientiane :

 

Réalisé il y a plus de 50 ans par un chaman souhaitant harmoniser les philosophies et les religions, le parc public de Vientiane se voit agrémenté de sculptures qui représentent Shiva, Vishnu, Arjuna voire même Bouddha.

 

C’est un lieu que l’on pourrait qualifier de particulier en raison des poses inhabituelles des dieux représentés.

 

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