Du Bandhani au Tie and Dye

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Et bien OUI, la technique du tie and dye, que l’on peut penser contemporaine et actuelle, largement empruntée par les hippies des années 1980, est en fait une tradition qui nous vient de loin ! D’où vient-elle, en quoi consiste-t-elle ? La réponse ici !

La tradition millénaire de l’art du Bandhani ou बांधानी est reprise et portée par la technique du Tie and Dye

 

 

Histoire du Bandhani

C’est du Rajasthan et du Gujarat en Inde qu’est né et s’est développé l’art du Bandhani.

Les premiers signes de cette technique ancestrale sont attestés vieux de plus de 5000 ans dans la vallée de l’Indus où on a retrouvé un équipement datant de 4000 ans av. JC qui permettait ce type de teinture et d’impression. Les peintures murales bouddhiques du VIè siècle de la grotte 1  d’Ajanta dans le Maharashtra, qui représentent la vie de Bouddha, en témoignent également.

Alexandre le Grand mentionne les belles teintures de tissus qu’il a pu voir en Inde vers 300 av. JC.

 

Tie and Dye ou Bandhani vient du sancrit bandhana et bandhan qui signifie  « attacher ». 

Cette technique indienne de cravate et teinture consiste à teindre à la main un tissu lié étroitement avec un fil en plusieurs points. Un mètre de tissu peut comporter des milliers de petits nœuds appelés Bheendi en Gujarati. Une fois le tissu teint dans des couleurs vives, les nœuds destinés à empêcher l’imprégnation de la teinture, une fois ouverts, forment un dessin dont les combinaisons et les motifs varient selon le liage du tissu et les couleurs.

 

A l’origine, les colorants naturels étaient fabriqués à base de fleurs, de racines, de feuilles, d’écorces et de baies. Aujourd’hui ils sont autant naturels qu’artificiels. 

Les couleurs mêlent le jaune, le rouge, le bleu, le vert et le noir sur un fond rouge ou noir. La ville de Bhuj dans le golfe de Kutch au Gujarat est connue pour son eau qui donne un éclat particulier aux rouges et marrons de ses Bandhanis 

 

 

Processus de fabrication du Bandhani 

 Art ethnique, unique et fascinant, le procédé de fabrication traditionnel consistait à placer le tissu sur des clous sertis dans des blocs de bois et à attacher le tissu en le pinçant sur les clous avec le pouce et l’index. Des méthodes plus modernes transfèrent

le motif sur le tissu en utilisant les mêmes blocs dans lesquels les clous sont insérés et à imprimer avec une pâte d’ ocre rouge.

Le tissu est pincé à chaque point marqué et enfoncé dans des pointes avec l’ongle ou une petite pointe métallique. Le fil est noué 6 à 8 fois  autour puis passe de point en point. 

 

 

Il arrive qu’on plie le tissu pour faciliter le processus et créer des motifs en miroir. 

Le nombre d’étapes de liage et de teinture dépend du nombre de couleurs et de la complexité du dessin. Après avoir été plongé dans la teinture, le tissu est séché puis étiré pour révéler le motif.

 

La beauté du résultat est fonction du savoir-faire du liage et de l’apprêt de la teinture. En serrant étroitement attachés des milliers de sections du tissu qui empêchent la teinture de passer, on crée de minuscules points blancs qui créent l’illusion d’étoiles sur un ciel nocturne.

La façon de lier les nœuds  détermine le dessin du motif qui apparaîtra lorsqu’ils seront enlevés. On peut ainsi choisir des motifs Leheriya (motifs en forme de vagues), Mothara (motif en damier de zones non teintes ayant la forme d’une lentille), Ekdall ou Shikari,  d’autres encore qui présentent des points, des rayures ou des carrés.

 

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A l’origine, les couleurs et les motifs exprimaient une appartenance à un groupe de nature familiale, ethnique ou religieuse. Le port du Bandhani sert encore de marqueur d’identité dans de nombreuses communautés des régions où il est produit.  

Les plus fins, qui sont plus chers, sont portés par les classes plus fortunées.

 

tissu Bandhani Tie and Dye

 

Tout comme les motifs, les couleurs ont en Inde un sens profond. Traditionnellement, on n’en utilise que deux pour fabriquer les Bandhanis. A l’origine, le jaune et le rouge seuls étaient utilisés à cause de leur signification culturelle et comme portant chance.

 

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Le rouge, signe de bonheur fait traditionnellement partie de la tenue de la mariée et le jaune est attribué à une nouvelle mère.

Actuellement, des couleurs vives apparaissent, sous diverses nuances de jaune, rouge,  vert et rose.

La fabrication de Bandhanis est bien souvent d’un métier familial. Le « liage » est généralement fait par les femmes à la maison et la teinture par les hommes.

L’effet dansant des motifs est encore accentué par les mouvements des femmes des nombreuses communautés du Gujarat et du Rajasthan qui portent ce type de tissu en châle ( odhni ), en chemisier (choll ) ou en jupe  ( gaghra )

Au cours des dernières décennies, le Bandhani a connu un succès de plus en plus grand dans les autres villes de l’Inde et sur les marchés mondiaux.  .

 

Du Bandhani au « Tie and Dye »

Cet art de la teinture du tissu, que les hippies des années 1960 et 1970 ont largement emprunté, se poursuit sous le nom de « Tie and Dye » exprimant que l’on noue le tissu par endroits sur des points ( tie ) avant de le plonger dans la teinture ( dye ).

 

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La zone à teindre est délimitée par la couleur désirée. On y place une feuille de plastique transparente ayant des trous de la taille d’une épingle qui permettront de transférer, sur le tissu, la couleur et le motif désirés. On tire une petite quantité de tissu à travers le trou et on enroule du fil autour avant de le passer par le trou pour former un petit nœud.

Lorsque tous les nœuds ont été noués, le tissu est lavé pour enlever les traces, trempé pendant 5 minutes dans du naphtol, puis dans un colorant de couleur claire pendant 2 autres minutes. Le tissu est ensuite rincé, essoré puis séché, noué puis plongé à nouveau dans une couleur plus foncée.

On laisse alors les couleurs imprégner le tissu aux endroits désirés, pendant 3 à 4 heures, les parties nouées restant non teintes.

Une fois la teinture terminée, le tissu est lavé, éventuellement amidonné et séché.

Les fabricants démontent alors le tissu pour libérer les nœuds et révéler le motif obtenu.

Le procédé « Tie and Dye » s’adapte à tous les tissus, coton, soie, crêpe georgette, mousseline, satin.. En Inde, au Japon, en Afrique, on peut voir différentes techniques de liage et de teinture utilisant à la fois des éléments naturels et artificiels pour créer des pièces unies ou à motifs.

 

 

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